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Exposition temporaire, « Le tri » / Mars à Juin 2026

  • 10 mai
  • 2 min de lecture

Et si exister aujourd’hui, c’était simplement ne pas être effacé ?


De mars à juin, Parcelle473 présente une exposition consacrée à Gérard Zlotykamien, artiste pionnier dont l’œuvre, discrète et radicale, habite les murs depuis plus de soixante ans.


Ici, pas d’effet spectaculaire ni de mise en scène démonstrative. L’exposition s’inscrivait dans une forme de retenue. Elle se découvrait dans le silence, dans l’attention portée aux détails. Comme dans la rue, les œuvres demandaient au regardeur de s’arrêter, de ralentir, de capter ce qui se joue à la limite du visible.


Je n'ai de maternelle que la langue - Miss. Tic - Collection Lelia Mordoch

Gérard Zlotykamien et ses éphémères - © Alain Amet


Au centre de la démarche : l’empreinte. Des silhouettes à peine tracées, des corps esquissés, presque dissous dans la surface. Les « Éphémères » de Zlotykamien ne représentent pas, ils suggèrent. Ils apparaissent comme des restes, des passages, des présences fragiles accrochées au mur. Une humanité minimale, mais profondément chargée.


Avec Le Tri, le propos se durcit. L’installation impose une lecture immédiate : sélectionner, classer, éliminer. Le dispositif est simple, presque froid. Il renvoie à une réalité contemporaine où chacun peut être réduit à un statut, un profil, une décision. Qui reste ? Qui disparaît ?


Tout au long du parcours, une même tension traverse les œuvres : celle d’une existence incertaine. Être visible ou non. Être retenu ou écarté. L’effacement devient ici une condition possible, voire ordinaire.


Je n'ai de maternelle que la langue - Miss. Tic - Collection Lelia Mordoch

Gérard Zlotykamien en train de graffer - ©  LP / Fred Dugit


Fidèle à son approche, Zlotykamien ne cherche pas à figer ses œuvres dans le temps. Au contraire, il accepte leur disparition. Ses figures sont pensées pour apparaître, puis s’effacer. Ce caractère transitoire n’est pas une faiblesse : il donne tout son sens à son travail.


Plus qu’une simple exposition, c’était une plongée dans une œuvre qui interroge frontalement notre époque. Une invitation à regarder autrement, à percevoir dans ces formes fragiles une réalité essentielle : celle d’une humanité toujours en équilibre, toujours menacée de disparaître.

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